Voici les écrits sur la section athlétisme.

Les athlètes de Championnet Sports ont depuis plusieurs année fait parler d'eux grâce à quelques résultats remarquables. Ceux-ci leur ont valu certains articles de presses (dans Le Parisien, Le 18ème du mois, Athlèmagasine ou dans le journal du club "Entre nous").
Cette rubrique est là pour essayer de rappeler les mots de tous ces bons souvenirs.

Un homme en retraite.

Par GAUDIN-WINER Florian, le 27 décembre 2005.


Plus jeune entraîneur français d'athlétisme en son temps, Olivier Bretin a connu un chemin bien tortueux. De la campagne à Paris, du basket-ball à l'athlétisme, de la librairie à la piste, il ne s'est toujours pas arrêté.
Olivier Bretin est débordé. Pas une minute à perdre, il doit jongler avec un emploi du temps surchargé. Il découvre la vie paisible de retraité, ce qui ne rime pas, semble t-il, avec désœuvré chez ce tout jeune soixantenaire. Sa barbe blanche vient de disparaître. Mais pas question de faire également table rase du passé. « Hier ne m'intéresse que pour mieux vivre mon présent et préparer mon avenir », assène Olivier. Il a renié une enfance non voulue pendant de nombreuses années, au nom de ce principe. Quatrième enfant de cultivateurs vendéens, son destin est tout tracé: Il reprendra, qu'il le veuille ou non, la ferme familiale de Saint Hilaire de Loulay, un village à 30 kilomètres de Nantes. Dès six ans, il sait traire les vaches et passe son jeudi dans les champs à ramasser des cailloux. Mais déjà, sa soif de savoir le taraude. Elle lui permet d'obtenir son baccalauréat malgré l'hostilité de ses parents: « Tout m'intéresse dans la vie », déclare t-il encore aujourd'hui. On dit souvent qu'une passion est dévorante et unique. C'est le contraire pour Olivier, que ce soit dans le sport ou dans la vie. Bricoleur, chanteur, musicien et écrivain: « créer sans cesse est devenu ma raison de vivre », dit-il. Son éclectisme le pousse également à 27 ans, fraîchement marié, à quitter son poste de professeur d'éducation physique dans sa campagne vendéenne pour Paris. Il n'y fera pas tous les métiers du monde mais presque: libraire, entraîneur, éducateur pour handicapés, commerçant, préparateur physique et enfin coordinateur d'un club sportif. La liste s'égrène interminablement.


Comme celle de son aventure sportive. Son dernier métier symbolise sa boulimie: à la tête de Championnet Sports, petit club omnisports du 18ème arrondissement de Paris, il réussira à créer pas moins de dix nouvelles sections sportives en cinq ans. Pourtant, la Vendée rurale ne s'apparente pas une terre de sport. Seule la radio lui permet de s'enthousiasmer pour les grandes épopées du Tour de France. Mais c'est la victoire d'Alain Mimoun dans le marathon olympique de 1956 qui constitue le vrai déclic. A sept ans, il n'aura plus qu'une obsession: « devenir un grand athlète ou en fabriquer ». Tout manque en Vendée, ce qui en fait le charme. Les souvenirs affluent dans la bouche d'Olivier comme ce prêtre en soutane sourd comme un pot qui s'improvise entraîneur. Pas plus de matériel mais l'ingéniosité fait le reste:« J'utilisais un poids hexagonal de cinq kilos dérobé chez l'épicière et une branche de châtaigné en guise d'engins de lancer », se remémore t-il d'une voix émue.


Malgré une carrière honnête de décathlonien, il se tourne rapidement vers le coaching. Et avec quelle précocité! A 12 ans, l'absence d'entraîneur l'amène déjà tout naturellement à conseiller un camarade de classe passionné d'athlétisme. Il devra même demander une dérogation à la fédération française d'athlétisme pour obtenir son premier diplôme d'entraîneur à 18 ans, au lieu des 23 ans exigés. C'est l'amour du geste et le plaisir de le transmettre qui le poussent à exercer ce métier si exigeant et envahissant: « Quel bonheur lorsque je vois un athlète débutant courir pour la première fois avec une foulée harmonieuse », s'enthousiasme t-il. Il faut dire qu'Olivier possède le don de reconnaître une personne perdue de vue depuis des années à son allure. Mais sa mémoire n'en est pas moins sélective. Au point de ne jamais se souvenir de ce qu'il fait ou dit deux jours plus tôt. « Je devais sans cesse lui rappeler les réunions prévues pour éviter qu'il les oublie », témoigne en riant un de ses ex-collègues à Championnet Sports.


Olivier a la redoutable réputation d'homme au grand cœur. Trop grand peut-être. Incapable de refuser une faveur à quelqu'un, il s'embarque parfois dans des aventures périlleuses. Comme celle qui l'a emporté l'an dernier en Afrique et plus précisément au Congo. Chargé de l'organisation du championnat continental d'athlétisme, il découvre avec effroi les méandres politiques et financiers de ce continent. Il en reviendra pourtant avec un des plus beaux souvenirs de sa carrière d'entraîneur: « Le concours de saut à la perche manquait de concurrentes. J'ai proposé à une jeune congolaise d'y participer. Elle termine cinquième des Championnats d'Afrique après trois entraînements. » Il a déjà rempilé pour l'année 2005 avec l'organisation du semi-marathon de Brazzaville... A 100% et à 100 à l'heure. Olivier Bretin s'accommode de cette vie mouvementée aux multiples sollicitations. Insomniaque comme s'il n'y avait pas de temps à perdre. Sans doute les réminiscences de ce jour de 1969, lorsqu'un médecin lui annonce qu'il ne lui reste plus que quelques années avant d'être cloué dans un fauteuil roulant: « Je voulais montrer à mes parents mes progrès au saut à la perche. La branche de châtaignier s'est rompu alors que j'étais en l'air. » A 61 ans et après avoir pris officiellement sa retraite d'entraîneur, Olivier n'a pas pu résister. Il revient, deux fois par semaine, au stade des Poissonniers à Paris pour observer les jeunes pousses de Championnet Sports. Avec ses jambes de vingt ans.

Sacré Championnet.

Par GAUDIN-WINER Florian, dans le 18ème du mois (journal associatif d'information locale).


La section athlétisme de Championnet Sports a remporté les championnats de France promotion junior-espoir fin octobre. A Remiremont (Vosges), une génération d'exception a grandi. Peut-on parler d'une surprise? Au lendemain de la première journée de compétition, même le journal local présentait les sociétaires du stade des Poissonniers comme les grands favoris. Sur les seize équipes qualifiées pour le rendez-vous national, le club du 18ème arrondissement dominait déjà les débats. Alors, à l'heure d'entonner sur le podium le nouvel hymne non-officiel de Championnet, chacun avait le sentiment du devoir accompli.
Plus qu'un exploit, c'était une confirmation. Celle d'une bande de potes arrivée au sommet. Pourtant, les Parisiens ont frôlé la correctionnelle. Tous les concours (sauts et lancers) auraient pu finir en cauchemar éveillé. Excepté Steve Blaskievitcz, vice-champion de France cadet du lancer du poids cet été, chaque athlète a tremblé jusqu'au bout de son épreuve. Le samedi et
sous des trombes d'eau, Thomas Verro, spécialiste des épreuves combinées,  gagne cinq mètres sur sa sixième et dernière tentative au lancer du javelot (42,37m). Même scénario le dimanche matin pour les frères Gaudin-Winer, plus habitués aux tours de piste qu'aux sautoirs.  Ils sauvent tous les deux leur concours lors des deux derniers essais (12,62m  au triple saut pour Florian et 6,13 au saut en longueur pour Amaël). Mais la palme de la plus grosse frayeur revient à Frédéric Bon. Le hurdler doit enchaîner 400 m haies et saut en hauteur à quelques minutes d'intervalle. Les jambes lourdes, il franchit coup sur coup deux barres au troisième et dernier essai (1,80m, 4ème). Olivier Bretin, l'un des entraîneurs, en sourit encore : «J'ai été
stressé pendant toute la compétition.  Rien ne s'est fait dans la facilité ».
Mais le point fort de Championnet Sports reste les courses. Il n'y a qu'à voir le tir groupé réalisé. Les quatre deuxièmes places de Thomas Verro sur 100 m (11''33), Pierre Durrmann sur 1500 m (4'07''54), Frédéric Bon sur 400 m haies (57''40) et Julien Baccaud sur 5000 m marche (26'13''67) les placent sur le podium à trois épreuves de la fin.


Restent le 400 m, le 800 m et le dangereux relais 4 x 100m. A cet instant, l'ESP Dreux joue son va-tout au saut en hauteur. Abdoulaye Diarra, son international cadet, s'élance face à une barre placée très haut : 2,04m. Et il passe. « Tout est perdu », pense alors Olivier Bretin. Mais les coureurs de 400 m s'élancent déjà. Amaël Gaudin-Winer s'impose largement sur le tour de piste (49''84). Son frère, Florian, l'imite sur la distance supérieure (1'54''10). Thomas Verro peut lever les bras au ciel à l'arrivée d'un 4 x 100 m parfaitement maîtrisé (44''10), les « Championnet boys » sont champions. Au jeu des calculs
d'apothicaire, leur total de 9816 points relègue l'ESP Dreux et l'US Valenciennes à plus de cent points.


De jeunes anciens

Le breton Pierre Durrmann laisse exploser sa joie dans une ambiance euphorique. Ce dernier a atterri dans le club du 18 ème arrondissement début septembre. L'exception qui confirme la règle. Car, mis à part Pierre, ces athlètes, âgés de 17 à 19 ans, se connaissent tous depuis au moins sept ans. Ils sont passés par la case Laurence Beaugendre, entraîneur de l'école d'athlétisme, pendant leurs « années collège ». En leur donnant la passion de l'athlé, elle a fait naître un groupe. Les heures de souffrance et de joie, partagées par ses protégés sur les stades, ont contribué à la victoire. Ronan Corre et Romain Foliard, les deux remplaçants, illustrent à merveille cet esprit d'équipe. Au soir de la première journée de
compétition, ils confiaient : « C'est toujours très dur de ne pas courir. Mais ce sont les meilleurs qui sont sur la piste.  L'important, c'est l'ambiance. On les motive. »


Un coup de chance, cette génération en or ? « Un peu », avoue Steve Blaskievitcz. Mais pas seulement. « Tout repose sur les jeunes dans notre club », constate Nicolas Delafosse, neuf ans d'ancienneté. « Ils ont donc des responsabilités très tôt et savent les endosser ». Les champions de France ont déjà repris  le chemin du stade des Poissonniers. En  route vers le doublé dans un an.

On a jamais tout...

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